Année N
- Souscription
- Versement de l’apport
- Investissement à fonds perdus
Fiscalité patrimoniale
Le Girardin industriel permet à un contribuable de participer au financement de matériels productifs exploités par des entreprises ultramarines et, sous réserve du respect des conditions légales, de bénéficier l’année suivante d’une réduction d’impôt supérieure à son apport.
La particularité est essentielle : l’apport de l’investisseur est réalisé à fonds perdus. Il ne récupère donc pas son capital investi.
Son résultat économique provient uniquement de l’écart entre la réduction d’impôt obtenue et le montant définitivement versé.
Le Girardin n’est pas un placement destiné à faire fructifier un capital. C’est une contribution à fonds perdus dont l’intérêt économique provient d’une réduction d’impôt supérieure au montant versé.
Les règles essentielles
Une opération Girardin se déroule sur plusieurs années : la souscription, l’imputation de la réduction, puis le respect des conditions pendant la période légale.
La campagne 2026 doit être analysée selon les textes applicables en 2026. Le dispositif doit être vérifié à nouveau pour toute souscription future.
Article 199 undecies B du CGI
Les apports des investisseurs, complétés par l’entreprise ultramarine et, le cas échéant, par un financement bancaire, permettent à une société de portage d’acheter un matériel productif. Ce matériel est loué à l’entreprise ultramarine qui l’exploite pendant la durée requise.
La réduction d’impôt est liée à ce financement productif et aux conditions fixées par l’article 199 undecies B du CGI. Une partie de l’avantage est rétrocédée à l’exploitant, sous forme d’avantage économique.
La répartition du financement entre investisseurs, exploitant et banque dépend de chaque montage. Aucune proportion n’est universelle.
Le point à comprendre
Formule : (réduction d’impôt – apport) / apport = rentabilité brute de l’opération
Les 10 000€ versés ne sont pas remboursés. Le contribuable reçoit l’avantage fiscal prévu par l’opération.
Le taux de 10% utilisé ici est uniquement un exemple pédagogique. Il n’est pas fixé par la loi et n’est pas commun à toutes les opérations.
Élément différenciant
La loi crée l’avantage fiscal. Le monteur construit les conditions économiques de l’opération.
L’apport demandé pour une réduction d’impôt donnée, et donc le taux de rentabilité proposé à l’investisseur. Pour une même réduction fiscale, l’apport demandé peut varier selon :
Un monteur B pourrait demander un apport différent pour la même réduction fiscale.
La réduction d’impôt et le taux de rentabilité sont deux notions différentes.
Deux opérations donnant droit à une réduction d’impôt comparable peuvent proposer des rentabilités différentes parce que les conditions économiques sont fixées par les monteurs.
Exemple de conditions commerciales observées en 2026 — mis à jour le 25 septembre 2026
Le Groupe Inter Invest est devenu Elvest en 2026. L’activité Girardin reste portée par Inter Invest Outre-mer.
Sa brochure 2026 présente notamment un taux de 10% sans offre groupée dans certains exemples, et des taux bonifiés à 12% ou 14% sous certaines conditions commerciales d’offre groupée.
Il s’agit uniquement d’un exemple de tarification commerciale observée en 2026. Certains monteurs peuvent proposer différents niveaux de rentabilité selon les opérations et les conditions commerciales de la campagne.
Doctrine OptiFi
Dans une opération où le capital est versé à fonds perdus, la protection de l’avantage fiscal est au moins aussi importante que quelques points de rendement supplémentaires.
Une opération à 12% mal protégée n’est pas nécessairement préférable à une opération à 10% bénéficiant d’un mécanisme de couverture plus robuste.
Un taux légèrement supérieur ne compense pas nécessairement une protection moins robuste.
Risque principal
L’administration peut remettre en cause la réduction si les conditions légales ne sont pas respectées. Les situations ci-contre doivent être appréciées selon le texte applicable : elles ne conduisent pas toutes automatiquement à une reprise.
L’avantage fiscal n’est définitivement sécurisé que si les conditions du dispositif sont respectées.
Vocabulaire
Objectif : Réduire la probabilité d’un sinistre.
Objectif : Couvrir certaines conséquences d’erreurs du monteur, selon les conditions du contrat.
Objectif : Limiter certains risques financiers pesant sur l’investisseur associé d’une société de portage.
Objectif : Indemniser contractuellement l’investisseur lorsque les conditions prévues par la garantie sont remplies.
Objectif : Un assureur externe peut, selon le montage et les contrats disponibles, porter tout ou partie du risque d’indemnisation.
Prévenir une reprise fiscale et indemniser une reprise fiscale sont deux choses différentes.
Exemple — documentation opérateur 2026
La documentation Inter Invest 2026 présente la G3F, « Garantie de bonne Fin Financière et Fiscale ». Selon sa brochure 2026 et sous réserve des conditions générales :
Cet engagement s’apprécie au regard des conditions générales, des limites, des exclusions, de la capacité du garant et du montant global de couverture.
Une garantie contractuelle est un mécanisme d’indemnisation. Elle n’empêche pas juridiquement l’administration fiscale de procéder à une reprise.
Exemple distinct — documentation opérateur 2026
La documentation spécifique Garantie 360° 2026 met notamment en avant :
Ces mécanismes visent principalement à prévenir les causes de sinistre et à sécuriser l’exécution du montage.
Un ensemble de mécanismes de sécurisation opérationnelle ne doit pas être confondu avec un engagement contractuel distinct d’indemniser intégralement une reprise fiscale.
La documentation commerciale Profina 2025 faisait référence à une « Garantie Premium » reposant sur une assurance externe. Sa disponibilité en 2026 n’est pas établie par une documentation contractuelle actuelle : elle n’est donc pas présentée ici comme une offre en cours.
Ces deux exemples ne sont pas équivalents et ne constituent pas un classement entre monteurs.
Sélection
Chez OptiFi, le taux affiché n’est jamais analysé isolément. Nous examinons notamment :
Le rendement vient après la compréhension du risque.
Les garanties diffèrent d’une opération à l’autre : toutes les opérations étudiées par OptiFi ne bénéficient pas nécessairement d’une même forme de garantie.
Deuxième risque majeur
Avoir assez d’impôt ne suffit pas : il faut aussi avoir assez de plafond de niches.
Ce plafond de 18 000€ n’est pas un plafond propre au Girardin : les autres niches déjà utilisées consomment d’abord tout ou partie de cette capacité.
Article 200-0 A du CGI
Une partie de l’avantage fiscal devant être rétrocédée à l’exploitant ultramarin, seule une fraction de la réduction d’impôt est retenue dans le plafonnement global.
| Type de montage | Fraction de la réduction consommant le plafond | Réduction maximale si les 18 000€ sont intégralement disponibles |
|---|---|---|
| Montage avec rétrocession de 56% | 44% | 18 000€ / 44% ≈ 40 909€ |
| Montage avec rétrocession de 66% | 34% | 18 000€ / 34% ≈ 52 941€ |
Les fractions de 44% et 34% résultent des règles de rétrocession prévues par l’article 199 undecies B. Elles ne doivent pas être assimilées automatiquement à la distinction entre opération de plein droit et opération avec agrément.
Ces chiffres sont des maximums liés au plafonnement des niches, pas une recommandation d’investissement.
Exemple central
Hypothèse explicite : le foyer se trouve dans une situation permettant de retenir la totalité des 15 000€ de dépenses dans le plafond applicable aux services à la personne (par exemple, plafond de 12 000€ majoré de 1 500€ par enfant à charge, dans la limite de 15 000€, pour un foyer ayant au moins deux enfants à charge).
Fraction consommant le plafond : 44%
10 500€ / 44% ≈ 23 864€ de réduction d’impôt maximale compatible avec le plafond restant.
Fraction consommant le plafond : 34%
10 500€ / 34% ≈ 30 882€ de réduction d’impôt maximale compatible avec le plafond restant.
Un foyer peut donc devoir 60 000€ d’impôt et ne pas pouvoir utiliser 60 000€ de réduction Girardin.
Conséquence
L’apport Girardin est versé à fonds perdus. Si le contribuable souscrit sur la base d’une réduction d’impôt qu’il ne peut finalement pas absorber du fait du plafonnement global, il a versé son apport, mais l’avantage fiscal attendu peut être plafonné. La rentabilité économique du montage peut être fortement dégradée, voire devenir négative.
Une réduction d’impôt inutilisable parce que le plafond des niches est dépassé transforme une optimisation fiscale en perte économique.
Attention à ne pas confondre deux limites.
Lorsque la réduction d’impôt Girardin relevant de l’article 199 undecies B excède l’impôt dû, la fraction non imputée peut, sous les conditions prévues par le texte, être reportée sur les cinq années suivantes.
En revanche, le plafonnement global des niches fiscales constitue un calcul distinct. Le calibrage de l’opération doit donc être effectué en amont en tenant compte à la fois de l’impôt à absorber et du plafond de niches disponible.
Avant toute souscription, il faut donc calculer la consommation des niches déjà existantes : emploi à domicile, garde d’enfants, Pinel, IR-PME et autres avantages concernés.
Décider
Impôt dû → plafond disponible → qualité du montage. Dans cet ordre.
Calibrage
Le Girardin est calibré sur l’impôt correspondant aux revenus de l’année de souscription. Il faut donc estimer correctement :
Une baisse inattendue d’impôt peut réduire la capacité à utiliser la réduction prévue. Le Girardin est particulièrement adapté lorsque l’impôt est suffisamment important et prévisible.
Repères éditoriaux OptiFi, et non seuils légaux : à partir d’un IR estimé supérieur à environ 5 000€, le sujet peut mériter d’être étudié ; au-delà d’environ 15 000€ d’IR récurrent et prévisible, il devient souvent plus significatif patrimonialement.
À la différence d’un versement sur un PER, qui réduit le revenu imposable, le Girardin ouvre droit à une réduction qui s’impute directement sur l’impôt.
2026
La CDHR est applicable en 2026 et vise certains foyers à hauts revenus afin d’assurer un niveau minimal d’imposition de 20%. Seuils indicatifs de revenu fiscal de référence : plus de 250 000€ pour une personne seule, plus de 500 000€ pour un couple soumis à imposition commune, sous réserve du calcul légal complet.
Le calcul de la CDHR neutralise en particulier, selon les modalités de l’article 224 du CGI, tout ou partie de l’effet de certaines réductions d’impôt, dont la réduction Girardin de l’article 199 undecies B pour les opérations visées par le texte.
Pour un contribuable concerné par la CDHR, le gain économique attendu du Girardin doit donc impérativement être simulé avec la CDHR, et non à partir du seul impôt sur le revenu.
Références : CGI, article 224 ; BOFiP BOI-IR-CDHR, version publiée le 30 juin 2026.
Pour les hauts revenus, le calcul du Girardin ne doit plus être réalisé isolément de la CDHR.
Fiscalité patrimoniale : la vision d’ensembleRégimes
Certaines opérations peuvent bénéficier du régime sans agrément fiscal préalable spécifique, sous réserve du respect des conditions légales applicables.
Certaines opérations nécessitent au contraire un agrément préalable de l’administration fiscale, notamment selon leur nature, leur montant ou les dispositions particulières applicables.
Agrément et fraction retenue dans le plafonnement global ne sont pas deux notions équivalentes. Le taux de 34% ou 44% dépend des règles de rétrocession applicables au montage.
Le seuil déclenchant l’agrément doit être vérifié directement dans l’article 199 undecies B applicable à l’opération concernée. Une opération avec agrément n’est pas intrinsèquement plus sûre.
Pas de règle universelle
Pour un dirigeant, le niveau d’IR dépend aussi de l’arbitrage entre rémunération et dividendes : voir rémunération et protection sociale du dirigeant.
Cas pratiques
Lecture : Opération éventuellement étudiable, mais son intérêt économique est à comparer aux contraintes et au montant minimum de souscription accessible.
Lecture : Comme le montre l’exemple détaillé ci-dessus, un IR élevé ne permet pas d’utiliser librement 60 000€ de réduction Girardin : la capacité restante est d’environ 23 864€ dans l’hypothèse où 44% de la réduction consomment le plafond, ou 30 882€ lorsque cette fraction est de 34%.
Lecture : Calculer simultanément l’IR, la réduction Girardin, les niches, la CEHR éventuelle et la CDHR avant toute décision.
Méthode OptiFi
Revenus, charges, quotient familial et événements de l’année de souscription.
Emploi à domicile, garde d’enfants, Pinel, IR-PME et autres avantages entrant dans le plafonnement global.
Au regard de l’impôt, du plafond restant et de la fraction retenue selon le régime de l’opération.
Nature des garanties, capacité du garant, exclusions, diversification, puis taux proposé.
Souscription au bon montant, puis vérification de la déclaration de l’opération en N+1.
Nous ne commençons pas par demander combien investir en Girardin. Nous commençons par calculer combien de réduction d’impôt peut réellement être utilisée sans dépasser les plafonds.
C’est un dispositif prévu par l’article 199 undecies B du CGI. Le contribuable participe au financement de matériels productifs exploités par des entreprises ultramarines et bénéficie, si les conditions légales sont respectées, d’une réduction d’impôt l’année suivant la souscription.
Oui. L’apport n’est pas remboursé. Le résultat économique provient uniquement de l’écart entre la réduction d’impôt obtenue et le montant définitivement versé.
Lorsque la réduction d’impôt obtenue est supérieure à l’apport. Par exemple, 10 000€ versés pour 11 000€ de réduction d’impôt produisent un gain fiscal brut de 1 000€. Cet exemple est purement pédagogique.
Le monteur de l’opération. La loi détermine les conditions de l’avantage fiscal ; le monteur fixe l’apport demandé pour une réduction d’impôt donnée.
Non. Aucun texte ne fixe un taux de rentabilité pour l’investisseur. Il dépend des conditions commerciales de chaque opération.
Il n’existe pas de taux de référence. Certains monteurs peuvent proposer différents niveaux de rentabilité selon les opérations et les conditions commerciales de la campagne. Le taux ne doit jamais être analysé isolément de la protection de l’avantage fiscal.
L’opération est déclarée l’année suivant la souscription. La réduction s’impute alors sur l’impôt dû, avec régularisation ou restitution selon la situation fiscale du foyer.
Oui. En cas de reprise de la réduction d’impôt non couverte, de réduction plafonnée faute de capacité suffisante dans les niches ou d’impôt inférieur aux prévisions, le résultat peut être fortement dégradé, voire négatif.
L’administration peut remettre en cause l’avantage si les conditions légales ne sont pas respectées. Les conséquences et une éventuelle indemnisation dépendent du montage et des garanties contractuelles réellement prévues.
Non. Une garantie contractuelle est un mécanisme d’indemnisation soumis à des conditions, limites, exclusions et à la capacité du garant. Elle n’empêche pas juridiquement l’administration de procéder à une reprise.
La sécurisation opérationnelle vise à prévenir les causes de sinistre. La garantie de bonne fin fiscale vise à indemniser l’investisseur lorsque le sinistre survient, dans les conditions prévues par le contrat.
La « Garantie de bonne Fin Financière et Fiscale » présentée par Inter Invest Outre-mer dans sa documentation 2026. Selon cette documentation et sous réserve des conditions générales, Inter Invest s’engage à rembourser certains montants réclamés en cas de reprise fiscale ou de recours financier, dans la limite de la couverture annoncée.
Un ensemble de mécanismes de sécurisation présenté par CF Profina dans sa documentation 2026 : agrément, RC Pro, comité de validation, mutualisation, assurance des matériels, gestion locative, assistance juridique notamment. Ces mécanismes visent principalement à prévenir les causes de sinistre.
Le plafonnement global de droit commun est de 10 000€. Les investissements outre-mer permettent d’accéder à un plafond global spécifique de 18 000€, dans lequel les autres niches déjà utilisées sont prises en compte.
Parce que l’article 200-0 A du CGI porte le plafond global à 18 000€ pour les avantages liés notamment aux investissements outre-mer, soit 8 000€ de plus que le plafond ordinaire. Ce n’est pas un plafond propre au Girardin.
Non. Seule une fraction de la réduction est retenue : 44% lorsque 56% de la réduction sont rétrocédés à l’exploitant ultramarin, et 34% lorsque 66% le sont, selon les règles de rétrocession de l’article 199 undecies B.
L’agrément concerne l’autorisation préalable requise pour certaines opérations. Les fractions de 44% et 34% utilisées pour le plafond sont liées aux règles de rétrocession. Les deux sujets peuvent être corrélés dans certaines opérations, mais ne sont pas juridiquement synonymes. Un agrément ne rend pas une opération intrinsèquement plus sûre.
Oui, mais ce crédit consomme d’abord le plafond global. Dans l’exemple d’un crédit de 7 500€, il ne reste que 10 500€ de capacité, soit environ 23 864€ de réduction Girardin lorsque 44% de la réduction consomment le plafond.
La capacité à utiliser la réduction prévue peut diminuer. L’apport ayant été versé à fonds perdus, le résultat économique peut alors se dégrader. Les règles applicables à la fraction non imputée doivent être vérifiées au cas par cas.
Oui, chez certains contribuables concernés. Une réduction d’IR peut entraîner parallèlement une CDHR supplémentaire, neutralisant partiellement ou totalement l’avantage économique. Une simulation conjointe est indispensable.
Non. Le Girardin est une décision annuelle ponctuelle, à réexaminer chaque année selon l’impôt estimé, le plafond disponible, les opérations proposées et les textes applicables.
Il se calcule à partir de la réduction d’impôt réellement absorbable, compte tenu de l’impôt dû, des niches déjà consommées et de la fraction retenue dans le plafond. Le montant ne se déduit jamais du seul niveau d’impôt.
Références
Cette page présente une information générale à caractère pédagogique, à jour à la date de dernière mise à jour indiquée. Elle ne constitue ni un conseil en investissement, ni un conseil fiscal ou juridique personnalisé. Toute décision doit être étudiée au regard de votre situation propre. Règles vérifiées au 25 septembre 2026. Une documentation commerciale ne sert jamais à établir une règle fiscale.