Fiscalité patrimoniale

Girardin industriel : réduire son impôt en finançant l’économie ultramarine

Le Girardin industriel permet à un contribuable de participer au financement de matériels productifs exploités par des entreprises ultramarines et, sous réserve du respect des conditions légales, de bénéficier l’année suivante d’une réduction d’impôt supérieure à son apport.

La particularité est essentielle : l’apport de l’investisseur est réalisé à fonds perdus. Il ne récupère donc pas son capital investi.

Son résultat économique provient uniquement de l’écart entre la réduction d’impôt obtenue et le montant définitivement versé.

Le Girardin n’est pas un placement destiné à faire fructifier un capital. C’est une contribution à fonds perdus dont l’intérêt économique provient d’une réduction d’impôt supérieure au montant versé.
Auteur

Gary Vigier — Fondateur d’OptiFi, conseil financier et patrimonial

Dernière mise à jour

Nature du contenu

Information générale, hors conseil personnalisé

Les règles essentielles

Le Girardin en 30 secondes

Une opération Girardin se déroule sur plusieurs années : la souscription, l’imputation de la réduction, puis le respect des conditions pendant la période légale.

Année N

  • Souscription
  • Versement de l’apport
  • Investissement à fonds perdus

Année N+1

  • Déclaration de l’opération
  • Imputation de la réduction d’impôt
  • Régularisation ou restitution selon la situation fiscale

Pendant la période légale

  • Maintien des conditions d’éligibilité du montage
  • Exploitation du matériel
  • Obligations de conservation et d’exploitation selon les textes

Résultat économique

  • Pas de remboursement de l’apport
  • Réduction d’impôt supérieure à l’apport si l’opération produit l’effet attendu
  • Différence = gain fiscal brut

La campagne 2026 doit être analysée selon les textes applicables en 2026. Le dispositif doit être vérifié à nouveau pour toute souscription future.

Article 199 undecies B du CGI

Comment fonctionne le montage ?

Les apports des investisseurs, complétés par l’entreprise ultramarine et, le cas échéant, par un financement bancaire, permettent à une société de portage d’acheter un matériel productif. Ce matériel est loué à l’entreprise ultramarine qui l’exploite pendant la durée requise.

La réduction d’impôt est liée à ce financement productif et aux conditions fixées par l’article 199 undecies B du CGI. Une partie de l’avantage est rétrocédée à l’exploitant, sous forme d’avantage économique.

La répartition du financement entre investisseurs, exploitant et banque dépend de chaque montage. Aucune proportion n’est universelle.

  1. Investisseurs + entreprise ultramarine + éventuel financement bancaire
  2. Société de portage
  3. Achat de matériel productif
  4. Location à l’entreprise ultramarine
  5. Exploitation pendant la durée requise
  6. Avantage économique pour l’exploitant + réduction d’impôt pour l’investisseur

Le point à comprendre

À fonds perdus : ce que cela signifie

Exemple pédagogique

Apport
10 000€
Réduction d’impôt obtenue
11 000€
Gain fiscal brut
1 000€
Rentabilité économique sur l’apport
10%

Formule : (réduction d’impôt – apport) / apport = rentabilité brute de l’opération

Les 10 000€ versés ne sont pas remboursés. Le contribuable reçoit l’avantage fiscal prévu par l’opération.

Le taux de 10% utilisé ici est uniquement un exemple pédagogique. Il n’est pas fixé par la loi et n’est pas commun à toutes les opérations.

Élément différenciant

Qui fixe la rentabilité ?

La loi crée l’avantage fiscal. Le monteur construit les conditions économiques de l’opération.

La loi fiscale détermine notamment

  • Les investissements éligibles
  • Les conditions du dispositif
  • Le calcul de la réduction d’impôt
  • Les obligations d’exploitation et de conservation
  • Les règles de rétrocession
  • Les plafonnements fiscaux

Le monteur détermine notamment

L’apport demandé pour une réduction d’impôt donnée, et donc le taux de rentabilité proposé à l’investisseur. Pour une même réduction fiscale, l’apport demandé peut varier selon :

  • Ses conditions commerciales
  • Le type d’opération
  • La date de souscription
  • Les garanties associées
  • La disponibilité des opérations

Exemple

Réduction d’impôt cible
11 000€
Monteur A demande
10 000€
Gain
1 000€
Rentabilité
10%

Un monteur B pourrait demander un apport différent pour la même réduction fiscale.

La réduction d’impôt et le taux de rentabilité sont deux notions différentes.

Deux opérations donnant droit à une réduction d’impôt comparable peuvent proposer des rentabilités différentes parce que les conditions économiques sont fixées par les monteurs.

Exemple de conditions commerciales observées en 2026 — mis à jour le 25 septembre 2026

Exemple de marché 2026 : Inter Invest / Elvest

Le Groupe Inter Invest est devenu Elvest en 2026. L’activité Girardin reste portée par Inter Invest Outre-mer.

Sa brochure 2026 présente notamment un taux de 10% sans offre groupée dans certains exemples, et des taux bonifiés à 12% ou 14% sous certaines conditions commerciales d’offre groupée.

Il s’agit uniquement d’un exemple de tarification commerciale observée en 2026. Certains monteurs peuvent proposer différents niveaux de rentabilité selon les opérations et les conditions commerciales de la campagne.

Doctrine OptiFi

La rentabilité ne doit pas être le premier critère

Dans une opération où le capital est versé à fonds perdus, la protection de l’avantage fiscal est au moins aussi importante que quelques points de rendement supplémentaires.

  1. Taux proposé
  2. Qualité du monteur
  3. Diversification des projets
  4. Suivi des exploitants
  5. Nature de la garantie
  6. Capacité financière du garant
  7. Conditions et exclusions
  8. Qualité de l’opération

Une opération à 12% mal protégée n’est pas nécessairement préférable à une opération à 10% bénéficiant d’un mécanisme de couverture plus robuste.

Un taux légèrement supérieur ne compense pas nécessairement une protection moins robuste.

Risque principal

La reprise de la réduction d’impôt

L’administration peut remettre en cause la réduction si les conditions légales ne sont pas respectées. Les situations ci-contre doivent être appréciées selon le texte applicable : elles ne conduisent pas toutes automatiquement à une reprise.

L’avantage fiscal n’est définitivement sécurisé que si les conditions du dispositif sont respectées.

Vocabulaire

« Garantie » : ce mot peut recouvrir des réalités très différentes

A

Prévention opérationnelle

  • Sélection des locataires
  • Mutualisation
  • Suivi des matériels
  • Relocation
  • Provisionnement des charges
  • Assistance juridique

Objectif : Réduire la probabilité d’un sinistre.

B

Assurance responsabilité civile professionnelle

Objectif : Couvrir certaines conséquences d’erreurs du monteur, selon les conditions du contrat.

C

Clause de limitation ou de renonciation à recours

Objectif : Limiter certains risques financiers pesant sur l’investisseur associé d’une société de portage.

D

Garantie contractuelle de bonne fin financière et fiscale

Objectif : Indemniser contractuellement l’investisseur lorsque les conditions prévues par la garantie sont remplies.

E

Assurance externe ou réassurance

Objectif : Un assureur externe peut, selon le montage et les contrats disponibles, porter tout ou partie du risque d’indemnisation.

Prévenir une reprise fiscale et indemniser une reprise fiscale sont deux choses différentes.

Exemple — documentation opérateur 2026

G3F — Inter Invest / Elvest

La documentation Inter Invest 2026 présente la G3F, « Garantie de bonne Fin Financière et Fiscale ». Selon sa brochure 2026 et sous réserve des conditions générales :

  • Inter Invest s’engage à rembourser certains montants réclamés en cas de reprise fiscale ou de recours financier ;
  • couverture annoncée : jusqu’à 10M€ ;
  • RC professionnelle annoncée séparément pour certaines erreurs de montage ou de gestion ;
  • clause de limitation de recours ;
  • assistance juridique.

Cet engagement s’apprécie au regard des conditions générales, des limites, des exclusions, de la capacité du garant et du montant global de couverture.

Une garantie contractuelle est un mécanisme d’indemnisation. Elle n’empêche pas juridiquement l’administration fiscale de procéder à une reprise.

Exemple distinct — documentation opérateur 2026

Garantie 360° — CF Profina

La documentation spécifique Garantie 360° 2026 met notamment en avant :

  • Agrément administratif
  • RC Pro
  • Comité de validation
  • Mutualisation du risque
  • Limitation de responsabilité des associés-investisseurs
  • Assurance des matériels
  • Engagement de sortie
  • Gestion locative
  • Autonomie financière des sociétés de portage
  • Réalisation du programme
  • Assistance juridique

Ces mécanismes visent principalement à prévenir les causes de sinistre et à sécuriser l’exécution du montage.

Un ensemble de mécanismes de sécurisation opérationnelle ne doit pas être confondu avec un engagement contractuel distinct d’indemniser intégralement une reprise fiscale.

La documentation commerciale Profina 2025 faisait référence à une « Garantie Premium » reposant sur une assurance externe. Sa disponibilité en 2026 n’est pas établie par une documentation contractuelle actuelle : elle n’est donc pas présentée ici comme une offre en cours.

Ces deux exemples ne sont pas équivalents et ne constituent pas un classement entre monteurs.

Sélection

Comment OptiFi sélectionne une opération Girardin

Chez OptiFi, le taux affiché n’est jamais analysé isolément. Nous examinons notamment :

  1. 01Expérience et solidité du monteur
  2. 02Nature des opérations financées
  3. 03Diversification
  4. 04Présence et contrôle local
  5. 05Suivi des exploitants
  6. 06Historique opérationnel
  7. 07Nature exacte des garanties
  8. 08Identité et capacité financière du garant
  9. 09Plafonds et exclusions des garanties
  10. 10Assistance en cas de contrôle ou de contentieux
  11. 11Taux proposé
Le rendement vient après la compréhension du risque.

Les garanties diffèrent d’une opération à l’autre : toutes les opérations étudiées par OptiFi ne bénéficient pas nécessairement d’une même forme de garantie.

Deuxième risque majeur

Dépasser le plafond des niches fiscales

Avoir assez d’impôt ne suffit pas : il faut aussi avoir assez de plafond de niches.
Plafond de droit commun10 000€
+
Supplément lié notamment aux investissements outre-mer8 000€
=
Plafond global spécifique maximum18 000€

Ce plafond de 18 000€ n’est pas un plafond propre au Girardin : les autres niches déjà utilisées consomment d’abord tout ou partie de cette capacité.

Article 200-0 A du CGI

Le Girardin ne consomme pas le plafond pour 100% de sa réduction

Une partie de l’avantage fiscal devant être rétrocédée à l’exploitant ultramarin, seule une fraction de la réduction d’impôt est retenue dans le plafonnement global.

Type de montageFraction de la réduction consommant le plafondRéduction maximale si les 18 000€ sont intégralement disponibles
Montage avec rétrocession de 56%44%18 000€ / 44% ≈ 40 909€
Montage avec rétrocession de 66%34%18 000€ / 34% ≈ 52 941€

Les fractions de 44% et 34% résultent des règles de rétrocession prévues par l’article 199 undecies B. Elles ne doivent pas être assimilées automatiquement à la distinction entre opération de plein droit et opération avec agrément.

Ces chiffres sont des maximums liés au plafonnement des niches, pas une recommandation d’investissement.

Exemple central

60 000€ d’impôt, mais des niches déjà consommées

Hypothèses

IR avant réductions et crédits
60 000€
Dépenses de salarié à domicile
15 000€

Hypothèse explicite : le foyer se trouve dans une situation permettant de retenir la totalité des 15 000€ de dépenses dans le plafond applicable aux services à la personne (par exemple, plafond de 12 000€ majoré de 1 500€ par enfant à charge, dans la limite de 15 000€, pour un foyer ayant au moins deux enfants à charge).

  1. Crédit d’impôt salarié à domicile50% × 15 000€ = 7 500€
  2. Plafond ordinaire restant10 000€ – 7 500€ = 2 500€
  3. Plafond supplémentaire outre-mer+ 8 000€
  4. Capacité totale restante pour une opération Girardin2 500€ + 8 000€ = 10 500€

Hypothèse avec rétrocession de 56%

Fraction consommant le plafond : 44%

10 500€ / 44% ≈ 23 864€ de réduction d’impôt maximale compatible avec le plafond restant.

Hypothèse avec rétrocession de 66%

Fraction consommant le plafond : 34%

10 500€ / 34% ≈ 30 882€ de réduction d’impôt maximale compatible avec le plafond restant.

IR initial60 000€
mais
Réduction Girardin maximale compatible avec le plafond, dans cette hypothèse≈23 864€ dans l’hypothèse où 44% de la réduction consomment le plafond, ou ≈30 882€ lorsque cette fraction est de 34%
Un foyer peut donc devoir 60 000€ d’impôt et ne pas pouvoir utiliser 60 000€ de réduction Girardin.

Conséquence

Pourquoi une erreur de plafonnement est grave

L’apport Girardin est versé à fonds perdus. Si le contribuable souscrit sur la base d’une réduction d’impôt qu’il ne peut finalement pas absorber du fait du plafonnement global, il a versé son apport, mais l’avantage fiscal attendu peut être plafonné. La rentabilité économique du montage peut être fortement dégradée, voire devenir négative.

Une réduction d’impôt inutilisable parce que le plafond des niches est dépassé transforme une optimisation fiscale en perte économique.

Attention à ne pas confondre deux limites.

Lorsque la réduction d’impôt Girardin relevant de l’article 199 undecies B excède l’impôt dû, la fraction non imputée peut, sous les conditions prévues par le texte, être reportée sur les cinq années suivantes.

En revanche, le plafonnement global des niches fiscales constitue un calcul distinct. Le calibrage de l’opération doit donc être effectué en amont en tenant compte à la fois de l’impôt à absorber et du plafond de niches disponible.

Avant toute souscription, il faut donc calculer la consommation des niches déjà existantes : emploi à domicile, garde d’enfants, Pinel, IR-PME et autres avantages concernés.

Décider

Trois tests avant d’envisager un Girardin

  1. 1. Ai-je assez d’impôt à absorber ?
  2. Oui
  3. 2. Ai-je assez de plafond de niches disponible ?
  4. Oui
  5. 3. Le montage et sa protection sont-ils suffisamment robustes ?
  6. Oui
  7. Alors l’opération peut être étudiée.
Impôt dû → plafond disponible → qualité du montage. Dans cet ordre.

Calibrage

Le risque de mal estimer son impôt

Le Girardin est calibré sur l’impôt correspondant aux revenus de l’année de souscription. Il faut donc estimer correctement :

Une baisse inattendue d’impôt peut réduire la capacité à utiliser la réduction prévue. Le Girardin est particulièrement adapté lorsque l’impôt est suffisamment important et prévisible.

Repères éditoriaux OptiFi, et non seuils légaux : à partir d’un IR estimé supérieur à environ 5 000€, le sujet peut mériter d’être étudié ; au-delà d’environ 15 000€ d’IR récurrent et prévisible, il devient souvent plus significatif patrimonialement.

À la différence d’un versement sur un PER, qui réduit le revenu imposable, le Girardin ouvre droit à une réduction qui s’impute directement sur l’impôt.

2026

Girardin et contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR)

La CDHR est applicable en 2026 et vise certains foyers à hauts revenus afin d’assurer un niveau minimal d’imposition de 20%. Seuils indicatifs de revenu fiscal de référence : plus de 250 000€ pour une personne seule, plus de 500 000€ pour un couple soumis à imposition commune, sous réserve du calcul légal complet.

Le calcul de la CDHR neutralise en particulier, selon les modalités de l’article 224 du CGI, tout ou partie de l’effet de certaines réductions d’impôt, dont la réduction Girardin de l’article 199 undecies B pour les opérations visées par le texte.

Pour un contribuable concerné par la CDHR, le gain économique attendu du Girardin doit donc impérativement être simulé avec la CDHR, et non à partir du seul impôt sur le revenu.

Références : CGI, article 224 ; BOFiP BOI-IR-CDHR, version publiée le 30 juin 2026.

Pour les hauts revenus, le calcul du Girardin ne doit plus être réalisé isolément de la CDHR.

Fiscalité patrimoniale : la vision d’ensemble

Régimes

Plein droit ou agrément : une question distincte

Plein droit

Certaines opérations peuvent bénéficier du régime sans agrément fiscal préalable spécifique, sous réserve du respect des conditions légales applicables.

Avec agrément

Certaines opérations nécessitent au contraire un agrément préalable de l’administration fiscale, notamment selon leur nature, leur montant ou les dispositions particulières applicables.

Agrément et fraction retenue dans le plafonnement global ne sont pas deux notions équivalentes. Le taux de 34% ou 44% dépend des règles de rétrocession applicables au montage.

Le seuil déclenchant l’agrément doit être vérifié directement dans l’article 199 undecies B applicable à l’opération concernée. Une opération avec agrément n’est pas intrinsèquement plus sûre.

Pas de règle universelle

À qui le Girardin peut-il convenir ?

Facteurs favorables

  • Résident fiscal français
  • IR significatif
  • IR relativement prévisible
  • Plafond de niches disponible
  • Capacité à immobiliser définitivement l’apport
  • Compréhension du caractère à fonds perdus
  • Acceptation du risque fiscal et opérationnel résiduel
  • Recherche d’une optimisation fiscale ponctuelle annuelle

Facteurs défavorables

  • Impôt faible ou très incertain
  • Nombreuses niches fiscales déjà consommées
  • Besoin de récupérer le capital investi
  • Besoin de liquidité
  • Incompréhension du risque de reprise fiscale
  • Recherche d’un rendement financier classique
  • Situation potentiellement affectée par la CDHR sans simulation

Pour un dirigeant, le niveau d’IR dépend aussi de l’arbitrage entre rémunération et dividendes : voir rémunération et protection sociale du dirigeant.

Cas pratiques

Trois situations, trois lectures

Cas 01

IR estimé de 8 000€

  • Peu d’autres niches fiscales

Lecture : Opération éventuellement étudiable, mais son intérêt économique est à comparer aux contraintes et au montant minimum de souscription accessible.

Cas 02

IR de 60 000€ et salarié à domicile

  • 7 500€ de crédit d’impôt salarié à domicile
  • Plafond ordinaire déjà largement consommé

Lecture : Comme le montre l’exemple détaillé ci-dessus, un IR élevé ne permet pas d’utiliser librement 60 000€ de réduction Girardin : la capacité restante est d’environ 23 864€ dans l’hypothèse où 44% de la réduction consomment le plafond, ou 30 882€ lorsque cette fraction est de 34%.

Cas 03

Dirigeant à hauts revenus

  • RFR supérieur au seuil de la CDHR

Lecture : Calculer simultanément l’IR, la réduction Girardin, les niches, la CEHR éventuelle et la CDHR avant toute décision.

Méthode OptiFi

Cinq étapes, dans cet ordre

  1. 01

    Estimer l’impôt réellement dû

    Revenus, charges, quotient familial et événements de l’année de souscription.

  2. 02

    Calculer les niches fiscales déjà consommées

    Emploi à domicile, garde d’enfants, Pinel, IR-PME et autres avantages entrant dans le plafonnement global.

  3. 03

    Déterminer la réduction Girardin réellement absorbable

    Au regard de l’impôt, du plafond restant et de la fraction retenue selon le régime de l’opération.

  4. 04

    Comparer les monteurs, opérations et garanties

    Nature des garanties, capacité du garant, exclusions, diversification, puis taux proposé.

  5. 05

    Calibrer l’apport et contrôler la déclaration l’année suivante

    Souscription au bon montant, puis vérification de la déclaration de l’opération en N+1.

Nous ne commençons pas par demander combien investir en Girardin. Nous commençons par calculer combien de réduction d’impôt peut réellement être utilisée sans dépasser les plafonds.

Étudier votre situation fiscale

Questions fréquentes

Le Girardin industriel en questions

Définition au glossaire

Qu’est-ce que le Girardin industriel ?

C’est un dispositif prévu par l’article 199 undecies B du CGI. Le contribuable participe au financement de matériels productifs exploités par des entreprises ultramarines et bénéficie, si les conditions légales sont respectées, d’une réduction d’impôt l’année suivant la souscription.

Le Girardin est-il un investissement à fonds perdus ?

Oui. L’apport n’est pas remboursé. Le résultat économique provient uniquement de l’écart entre la réduction d’impôt obtenue et le montant définitivement versé.

Comment gagne-t-on de l’argent avec un Girardin ?

Lorsque la réduction d’impôt obtenue est supérieure à l’apport. Par exemple, 10 000€ versés pour 11 000€ de réduction d’impôt produisent un gain fiscal brut de 1 000€. Cet exemple est purement pédagogique.

Qui fixe le taux de rentabilité du Girardin ?

Le monteur de l’opération. La loi détermine les conditions de l’avantage fiscal ; le monteur fixe l’apport demandé pour une réduction d’impôt donnée.

Le taux de rendement du Girardin est-il fixé par la loi ?

Non. Aucun texte ne fixe un taux de rentabilité pour l’investisseur. Il dépend des conditions commerciales de chaque opération.

Quel taux de rentabilité peut-on obtenir en 2026 ?

Il n’existe pas de taux de référence. Certains monteurs peuvent proposer différents niveaux de rentabilité selon les opérations et les conditions commerciales de la campagne. Le taux ne doit jamais être analysé isolément de la protection de l’avantage fiscal.

Quand bénéficie-t-on de la réduction d’impôt ?

L’opération est déclarée l’année suivant la souscription. La réduction s’impute alors sur l’impôt dû, avec régularisation ou restitution selon la situation fiscale du foyer.

Peut-on perdre de l’argent avec un Girardin ?

Oui. En cas de reprise de la réduction d’impôt non couverte, de réduction plafonnée faute de capacité suffisante dans les niches ou d’impôt inférieur aux prévisions, le résultat peut être fortement dégradé, voire négatif.

Que se passe-t-il si la réduction d’impôt est reprise ?

L’administration peut remettre en cause l’avantage si les conditions légales ne sont pas respectées. Les conséquences et une éventuelle indemnisation dépendent du montage et des garanties contractuelles réellement prévues.

Une garantie Girardin protège-t-elle toujours la réduction d’impôt ?

Non. Une garantie contractuelle est un mécanisme d’indemnisation soumis à des conditions, limites, exclusions et à la capacité du garant. Elle n’empêche pas juridiquement l’administration de procéder à une reprise.

Quelle différence entre garantie de bonne fin fiscale et sécurisation opérationnelle ?

La sécurisation opérationnelle vise à prévenir les causes de sinistre. La garantie de bonne fin fiscale vise à indemniser l’investisseur lorsque le sinistre survient, dans les conditions prévues par le contrat.

Qu’est-ce que la G3F ?

La « Garantie de bonne Fin Financière et Fiscale » présentée par Inter Invest Outre-mer dans sa documentation 2026. Selon cette documentation et sous réserve des conditions générales, Inter Invest s’engage à rembourser certains montants réclamés en cas de reprise fiscale ou de recours financier, dans la limite de la couverture annoncée.

Qu’est-ce que la Garantie 360° ?

Un ensemble de mécanismes de sécurisation présenté par CF Profina dans sa documentation 2026 : agrément, RC Pro, comité de validation, mutualisation, assurance des matériels, gestion locative, assistance juridique notamment. Ces mécanismes visent principalement à prévenir les causes de sinistre.

Quel est le plafond des niches fiscales pour un Girardin ?

Le plafonnement global de droit commun est de 10 000€. Les investissements outre-mer permettent d’accéder à un plafond global spécifique de 18 000€, dans lequel les autres niches déjà utilisées sont prises en compte.

Pourquoi parle-t-on de 18 000€ de plafond ?

Parce que l’article 200-0 A du CGI porte le plafond global à 18 000€ pour les avantages liés notamment aux investissements outre-mer, soit 8 000€ de plus que le plafond ordinaire. Ce n’est pas un plafond propre au Girardin.

Le Girardin consomme-t-il 100% du plafond des niches ?

Non. Seule une fraction de la réduction est retenue : 44% lorsque 56% de la réduction sont rétrocédés à l’exploitant ultramarin, et 34% lorsque 66% le sont, selon les règles de rétrocession de l’article 199 undecies B.

Quelle différence entre Girardin de plein droit et avec agrément ?

L’agrément concerne l’autorisation préalable requise pour certaines opérations. Les fractions de 44% et 34% utilisées pour le plafond sont liées aux règles de rétrocession. Les deux sujets peuvent être corrélés dans certaines opérations, mais ne sont pas juridiquement synonymes. Un agrément ne rend pas une opération intrinsèquement plus sûre.

Peut-on faire du Girardin si on utilise déjà un crédit d’impôt pour salarié à domicile ?

Oui, mais ce crédit consomme d’abord le plafond global. Dans l’exemple d’un crédit de 7 500€, il ne reste que 10 500€ de capacité, soit environ 23 864€ de réduction Girardin lorsque 44% de la réduction consomment le plafond.

Que se passe-t-il si mon impôt final est inférieur à ce qui était prévu ?

La capacité à utiliser la réduction prévue peut diminuer. L’apport ayant été versé à fonds perdus, le résultat économique peut alors se dégrader. Les règles applicables à la fraction non imputée doivent être vérifiées au cas par cas.

La CDHR peut-elle réduire l’intérêt du Girardin ?

Oui, chez certains contribuables concernés. Une réduction d’IR peut entraîner parallèlement une CDHR supplémentaire, neutralisant partiellement ou totalement l’avantage économique. Une simulation conjointe est indispensable.

Faut-il refaire du Girardin chaque année ?

Non. Le Girardin est une décision annuelle ponctuelle, à réexaminer chaque année selon l’impôt estimé, le plafond disponible, les opérations proposées et les textes applicables.

Quel montant investir en Girardin ?

Il se calcule à partir de la réduction d’impôt réellement absorbable, compte tenu de l’impôt dû, des niches déjà consommées et de la fraction retenue dans le plafond. Le montant ne se déduit jamais du seul niveau d’impôt.

Références

Sources officielles

  1. CGI, article 199 undecies B — Réduction d’impôt au titre des investissements productifs réalisés outre-mer (Girardin industriel) : investissements éligibles, conditions, exploitation, rétrocession, agrément, reprise.
  2. CGI, article 200-0 A — Plafonnement global des avantages fiscaux : 10 000€, plafond spécifique de 18 000€, fractions retenues de 44% et 34% pour le Girardin industriel.
  3. CGI, article 224 — Contribution différentielle sur les hauts revenus, instituée par l’article 10 de la loi de finances n°2025-127 du 14 février 2025.
  4. Ministère de l’Économie — « Le plafonnement global des avantages fiscaux, comment ça marche ? » — Plafonds de 10 000€ et de 18 000€ pour les investissements outre-mer.
  5. Service-Public — « En quoi consiste le plafonnement global des niches fiscales ? » — Plafonnement applicable à l’imposition 2026 des revenus 2025, vérifié le 1er janvier 2026.
  6. Ministère de l’Économie — « Tout savoir sur le crédit d’impôt lié à l’emploi d’un salarié à domicile » — Crédit d’impôt de 50% des dépenses et plafonds de dépenses, écrit le 17 avril 2026.
  7. impots.gouv.fr — « Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR) » — Imposition minimale de 20%, seuils de revenu de référence de 250 000€ et 500 000€.
  8. Ministère de l’Économie — communiqué de presse n°094 du 14 novembre 2025 — Mise en place et paiement de la CDHR.
  9. BOFiP — BOI-IR-CDHR — Contribution différentielle sur les hauts revenus, version publiée le 30 juin 2026.
  10. AMF — « Investir en défiscalisation : que faut-il savoir sur les dispositifs Girardin ? » — Fonctionnement des montages, risque de requalification fiscale, compréhension des garanties et information des investisseurs.
  11. AMF / DGCCRF — « L’AMF et la DGCCRF renforcent leur coopération au service de la protection des épargnants et des consommateurs » — Communiqué du 30 décembre 2025 : coopération renforcée et surveillance de la commercialisation des dispositifs de défiscalisation, dont le Girardin.

Documentation opérateurs (illustration uniquement)

  1. Inter Invest Outre-mer (Groupe Elvest) — brochure Girardin industriel 2026 — Illustration des conditions commerciales observées en 2026 et présentation de la G3F. Ne constitue pas une source de règle fiscale.
  2. CF Profina — documentation Garantie 360° 2026 — Illustration des mécanismes de sécurisation opérationnelle. Ne constitue pas une source de règle fiscale.

Cette page présente une information générale à caractère pédagogique, à jour à la date de dernière mise à jour indiquée. Elle ne constitue ni un conseil en investissement, ni un conseil fiscal ou juridique personnalisé. Toute décision doit être étudiée au regard de votre situation propre. Règles vérifiées au 25 septembre 2026. Une documentation commerciale ne sert jamais à établir une règle fiscale.