Patrimoine personnel

Assurance-vie : investir, retirer et transmettre avant et après 70 ans

L’assurance-vie permet de faire fructifier un capital, d’organiser des retraits et de désigner des bénéficiaires. Son intérêt dépend cependant beaucoup plus de l’allocation, des frais et de la stratégie patrimoniale que du seul avantage fiscal.

L’assurance-vie n’est pas un investissement. C’est une enveloppe dans laquelle une stratégie d’investissement, de liquidité et de transmission peut être construite.

Étudier mes contrats d’assurance-vie
Auteur

Gary Vigier — Fondateur d’OptiFi, conseil financier et patrimonial

Dernière mise à jour

Nature du contenu

Information générale, hors conseil personnalisé

Ce qu’il faut comprendre en 60 secondes

L’assurance-vie remplit trois fonctions différentes

L’assurance-vie n’est pas un placement en elle-même. Sa performance dépend des actifs détenus à l’intérieur du contrat.

Pendant la vie du souscripteur, les gains ne sont en principe soumis à l’impôt sur le revenu qu’au moment d’un rachat. Les prélèvements sociaux suivent leurs propres règles et peuvent notamment être prélevés au fil de l’eau sur les produits du fonds en euros. Au décès, le traitement fiscal dépend notamment de l’âge auquel les primes ont été versées : avant ou après 70 ans.

Contrairement à une idée reçue, l’assurance-vie peut rester un outil patrimonial particulièrement intéressant après 70 ans.

  1. Investir
  2. Retirer
  3. Transmettre

Point de départ

Qu’est-ce qu’une assurance-vie ?

Le contrat est l’enveloppe. Les supports déterminent le risque et la performance.

Une assurance-vie est un contrat souscrit auprès d’un assureur. Elle est alimentée par des versements libres ou programmés, investis en fonds en euros et/ou en unités de compte. L’épargne reste disponible par rachat et, au décès, le capital revient aux bénéficiaires désignés dans la clause bénéficiaire.

Investir

Capitaliser

Les versements sont investis en fonds en euros et/ou en unités de compte. La performance dépend des actifs détenus, pas de l’enveloppe.

Retirer

Financer des projets et compléter ses revenus

Les rachats organisent la disponibilité du capital. Leur fiscalité ne porte que sur la part de gains qu’ils contiennent.

Transmettre

Organiser les bénéficiaires

La clause bénéficiaire désigne qui reçoit le capital au décès, selon un régime civil et fiscal spécifique.

L’ancienneté fiscale d’un contrat ne préjuge ni de sa qualité ni de celle des supports qu’il contient.

Montants

À partir de quel montant ouvrir une assurance-vie ?

Il n’existe pas de montant minimum universel applicable à toutes les assurances-vie françaises. Chaque contrat peut fixer ses propres conditions de souscription, de versement initial et de versements complémentaires.

Il faut distinguer les règles générales, les minimums propres aux contrats et les conditions d’accompagnement d’un cabinet.

  1. 01

    Épargne régulière

    Dès le premier euro investi

    OptiFi accompagne les versements programmés dès le premier euro investi. Il s’agit d’une politique d’accompagnement, destinée à installer une discipline d’épargne avant de rechercher un montant.

  2. 02

    Investissement initial sur une assurance-vie française

    À partir de 50 000€

    Pour la mise en place d’un nouveau contrat d’assurance-vie française avec un capital initial, OptiFi retient généralement un minimum de 50 000€. Il s’agit d’un seuil d’accompagnement OptiFi et non d’un minimum réglementaire applicable à l’assurance-vie.

  3. 03

    Au-delà d’environ 250 000€

    Le Luxembourg est étudié en priorité

    À partir d’environ 250 000€ à investir sur une même enveloppe, et lorsqu’il n’existe pas de besoin spécifique de fonds en euros, OptiFi recommande généralement d’étudier en priorité une assurance-vie luxembourgeoise.

  4. 04

    Existe-t-il un montant maximum ?

    Aucun plafond général de versement

    Il n’existe pas de plafond général de versement propre à l’assurance-vie. À mesure que l’encours augmente, la vraie question devient moins « combien peut-on investir ? » que « quelle architecture est la plus pertinente pour ce montant, les supports recherchés, les frais, la liquidité et la transmission ? »

Arbitrage

250 000€ n’est pas une frontière entre France et Luxembourg

Le fonds en euros peut changer l’arbitrage. Il reste l’une des principales raisons pouvant justifier l’utilisation d’une assurance-vie française sur des encours importants.

Poche sécurisée

Fonds en euros : à quoi sert réellement la poche sécurisée ?

Le fonds en euros est une poche gérée par l’assureur dont le capital bénéficie d’une garantie définie par le contrat. Il permet de rechercher de la stabilité et de la disponibilité, en contrepartie d’un potentiel de rendement généralement plus limité qu’une allocation exposée aux marchés.

01

Gestion par l’assureur

Les sommes sont investies dans un actif géré par l’assureur, historiquement majoritairement obligataire mais pouvant être diversifié.

02

Rendement crédité

Le rendement est servi annuellement par l’assureur. Un effet cliquet peut exister selon le fonds : les intérêts déjà crédités sont alors acquis.

03

Garantie contractuelle

Le niveau exact de garantie dépend du contrat. Certains fonds en euros peuvent prévoir une garantie inférieure à 100%, notamment après prise en compte des frais de gestion.

À quoi peut servir le fonds en euros ?

Une poche sécurisée n’a pas seulement pour fonction de réduire la volatilité. Elle peut aussi permettre de ne pas vendre des actifs risqués au mauvais moment, notamment lorsqu’un besoin de liquidité survient après une forte baisse des marchés.

  • réserve de sécurité ;
  • dépenses prévues à court ou moyen terme ;
  • poche destinée à financer plusieurs années de rachats ;
  • amortisseur d’une allocation plus dynamique ;
  • réserve permettant de ne pas vendre des actifs risqués après une forte baisse des marchés.

Repères : fonds en euros · unités de compte · liquidité

Allocation

Fonds en euros et unités de compte : deux fonctions différentes

Fonds en euros et unités de compte ne sont pas nécessairement concurrents. Ils peuvent remplir des fonctions différentes dans une même stratégie.

QuestionFonds en eurosUnités de compte
Objectif principalStabilité et disponibilitéCroissance et diversification
SupportsActif géré par l’assureurActions, obligations, ETF, OPCVM, immobilier, structurés et autres supports selon les contrats
CapitalGarantie selon les conditions contractuellesNon garanti
PerformanceRendement servi par l’assureurDépend des actifs sous-jacents
Rôle patrimonialSécurité, projets à court terme, retraitsCroissance du patrimoine à moyen et long terme

Fonds en euros

Objectif principal
Stabilité et disponibilité
Supports
Actif géré par l’assureur
Capital
Garantie selon les conditions contractuelles
Performance
Rendement servi par l’assureur
Rôle patrimonial
Sécurité, projets à court terme, retraits

Unités de compte

Objectif principal
Croissance et diversification
Supports
Actions, obligations, ETF, OPCVM, immobilier, structurés et autres supports selon les contrats
Capital
Non garanti
Performance
Dépend des actifs sous-jacents
Rôle patrimonial
Croissance du patrimoine à moyen et long terme

Le régime fiscal ne doit pas déterminer à lui seul l’allocation.

Disponibilité

L’argent est-il bloqué pendant 8 ans ?

Non. L’épargne d’un contrat rachetable reste disponible avant 8 ans. Le souscripteur peut réaliser un rachat partiel, un rachat total ou, lorsque le contrat le prévoit, demander une avance. Seul le rachat total entraîne la fermeture du contrat.

Les 8 ans constituent principalement un seuil fiscal, qui améliore le régime des rachats sans conditionner l’accès à l’épargne.

8 ans est un âge fiscal, pas une durée de blocage.
À vérifier avant un retrait
  • Ancienneté du contrat
  • Date des versements concernés
  • Part de gains comprise dans le rachat
  • Supports à mobiliser
  • Conséquences sur la stratégie de transmission

Fiscalité des rachats

Comment est imposé un rachat ?

Lors d’un rachat, le montant retiré n’est pas intégralement imposable. Chaque retrait contient une fraction de capital versé et une fraction de gains. Seule la quote-part de gains comprise dans le rachat entre dans l’assiette de l’impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux obéissent à leurs propres modalités : une partie peut notamment avoir déjà été prélevée au cours de la vie du contrat sur le fonds en euros.

En 2026, les produits des contrats d’assurance-vie rachetables restent soumis, dans le cas général, à 17,2% de prélèvements sociaux.

Exemple pédagogique de composition d’un rachat
Versements100 000€
Gains20 000€
Valeur du contrat120 000€

Un rachat de 12 000€ n’est pas imposable pour 12 000€ : seule la fraction de gains comprise dans ce retrait entre dans l’assiette imposable. Le calcul exact dépend de la composition du contrat au jour de l’opération.

Avant 8 ans

Impôt sur le revenu
En principe 12,8% sur les gains pour les versements réalisés depuis le 27 septembre 2017, sauf option pour le barème.
Prélèvements sociaux
Ils s’ajoutent, au taux en vigueur.
Abattement annuel
Aucun abattement annuel sur les gains retirés.

Après 8 ans

Abattement annuel
4 600€ pour une personne seule, 9 200€ pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune, appliqué sur les gains retirés.
Taux d’impôt sur le revenu
Une partie des gains peut bénéficier d’un taux de 7,5% selon les conditions et le montant global des primes versées.
Prélèvements sociaux
Ils s’ajoutent, au taux en vigueur.

Le seuil de 150 000€ mentionné par les textes s’apprécie au niveau des primes versées par le souscripteur, et non contrat par contrat. Il ne doit donc pas être présenté comme un plafond propre à chaque assurance-vie.

Les règles dépendent aussi de la date des versements : un contrat ancien peut contenir plusieurs compartiments fiscaux. C’est la raison pour laquelle la fiscalité d’un rachat s’analyse sur pièces, et non à partir d’un taux unique.

Retraits

Retirer 30 000€ ne signifie pas avoir gagné 30 000€

Un rachat n’est pas un rendement.

Les rachats réguliers peuvent consommer une partie du capital. Leur soutenabilité dépend du capital initial, du rendement réellement obtenu, de la volatilité, de la séquence des performances, du montant retiré, de la date de début des retraits et de la fiscalité.

Une poche sécurisée correspondant à plusieurs années de besoins peut permettre d’effectuer certains retraits sans vendre immédiatement des unités de compte après une forte baisse des marchés.

Avant de programmer des retraits réguliers, il faut modéliser la trajectoire du capital et l’origine des sommes qui seront effectivement retirées.

Transmission

Le capital ne suit pas automatiquement les règles de la succession

Lorsque le bénéficiaire est correctement désigné, les sommes versées à son profit relèvent d’un régime civil spécifique prévu par l’article L132-12 du Code des assurances, distinct du règlement successoral, ainsi que d’une fiscalité propre selon l’âge de l’assuré au moment des versements.

L’assurance-vie bénéficie d’un régime civil et fiscal spécifique, sous réserve notamment des règles relatives aux primes manifestement exagérées appréciées au regard des facultés du souscripteur.

Ce régime ne dispense donc ni d’une lecture d’ensemble de la succession, ni d’une coordination avec le notaire lorsque la situation familiale est complexe.

Avant 70 ans : lecture simplifiée par bénéficiaire
0%0€ → 152 500€Abattement par bénéficiaire
20%152 500€ → 852 500€Sur les 700 000€ suivants
31,25%Au-delà de 852 500€Sur la fraction excédentaire

Pour les capitaux relevant de l’article 990 I, chaque bénéficiaire dispose d’un abattement de 152 500€. La fraction taxable est ensuite soumise à un prélèvement de 20% jusqu’à 700 000€, puis de 31,25% au-delà. En lecture simplifiée, cela correspond donc à 0% jusqu’à 152 500€, 20% entre 152 500€ et 852 500€, puis 31,25% au-delà.

Le conjoint marié et le partenaire de PACS bénéficient du régime d’exonération applicable.

Article 757 B

Après 70 ans : les primes et les gains ne suivent plus le même régime

70 ans n’est pas une date de péremption de l’assurance-vie. C’est un changement de régime fiscal : les primes versées après cet âge relèvent de l’article 757 B du Code général des impôts, tandis que les produits qu’elles génèrent en sont exclus.

Primes versées après 70 ans

Abattement global de 30 500€

  • abattement global de 30 500€
  • fraction restante soumise aux droits selon le lien de parenté
  • abattements successoraux de droit commun éventuellement applicables ensuite
Gains générés

Hors assiette des droits de mutation par décès

  • hors assiette des droits de mutation par décès
  • prélèvements sociaux : traitement distinct

Abattement global. Les 30 500€ concernent l’ensemble des contrats relevant de l’article 757 B souscrits sur la tête d’un même assuré. Il ne s’agit donc pas d’un abattement par contrat ni par bénéficiaire.

Formulation. Les gains sont « non soumis aux droits de mutation par décès », ce qui ne signifie pas « exonérés de toute fiscalité ».

Contrats concernés. Ce schéma correspond au cas courant des contrats souscrits à compter du 20 novembre 1991. Certains contrats plus anciens peuvent relever de régimes historiques particuliers.

Droit commun. Après application de l’abattement global de 30 500€, la fraction des primes soumise aux droits de mutation relève des règles successorales de droit commun selon le lien de parenté. Les abattements successoraux de droit commun peuvent donc également s’appliquer lorsqu’ils sont disponibles.

À 70 ans, l’assurance-vie ne cesse pas d’être un outil successoral : sa logique change.

Effet de la performance

Après 70 ans, la performance peut elle-même créer un avantage successoral

Puisque les produits générés par les primes versées après 70 ans sont exclus de l’assiette de l’article 757 B, la croissance future du contrat augmente potentiellement la partie transmise hors droits de mutation par décès.

L’avantage fiscal ne justifie jamais une prise de risque inadaptée.

Si la performance est favorable

Potentiel de rendement plus élevé
Les gains peuvent être plus importants.
Conséquence successorale
La masse transmise hors assiette des droits de mutation peut être plus importante.

Si le risque se matérialise

Risque plus élevé
La volatilité et les pertes possibles augmentent.
Conséquence patrimoniale
La valeur du contrat peut être plus faible, y compris au moment du décès.

Une allocation dynamique n’est donc pertinente que si l’horizon est suffisamment long, si le capital n’est pas nécessaire à court terme, si le souscripteur peut supporter des pertes, si la volatilité est acceptable et si l’ensemble du patrimoine permet cette prise de risque.

Aucun rendement futur ne peut être présenté comme garanti.

Exemple chiffré

800 000€ versés à 72 ans

Hypothèses : versement de 800 000€ à 72 ans, aucun autre versement après 70 ans ayant consommé l’abattement, aucun rachat, rendement net hypothétique de 6% par an, décès à 86 ans, soit une durée de 14 ans.

Illustration mathématique — hypothèse non garantie
Versé à 72 ans800 000€
14 ans à 6% net/anHypothèse non garantie
Valorisation indicative à 86 ans≈1,81M€

Dont 769 500€ de primes restant dans l’assiette des droits après l’abattement global de 30 500€, et ≈1,01M€ de gains hors assiette des droits de mutation par décès.

Cette assiette ne correspond pas nécessairement au montant effectivement taxable après tous abattements : les abattements successoraux de droit commun liés au bénéficiaire peuvent ensuite s’appliquer lorsqu’ils sont disponibles.

Abattement. L’abattement de 30 500€ constitue ici une hypothèse : il est global à l’ensemble des contrats relevant de l’article 757 B et peut avoir été partiellement ou totalement utilisé par ailleurs.

Portée. Cet exemple est une illustration mathématique. Un rendement net de 6% par an n’est pas garanti et suppose une prise de risque. La fiscalité définitive dépend également de la situation des bénéficiaires et des autres contrats détenus. Les ≈1,01M€ de gains ne sont pas exonérés de toute fiscalité : ils sont hors assiette des droits de mutation par décès.

Architecture

Deux régimes fiscaux peuvent coexister dans un même contrat — mais faut-il le faire ?

Il est juridiquement possible de continuer à verser après 70 ans sur un contrat alimenté auparavant. Cela ne fait pas perdre le régime fiscal des versements antérieurs.

Compartiments coexistants
  • primes relevant de l’article 990 I ;
  • primes relevant de l’article 757 B ;
  • gains correspondant à ces différentes primes.
Position OptiFi
  • lorsque les montants le justifient, nous préférons souvent séparer les versements avant et après 70 ans dans des contrats distincts ;
  • objectif : rendre la stratégie, les bénéficiaires et le suivi fiscal plus lisibles ;
  • il s’agit d’un choix d’architecture, de lisibilité et de gestion, non d’une obligation fiscale.

Séparer les versements ne change pas la règle fiscale : cela rend simplement la stratégie lisible pour le souscripteur, ses bénéficiaires et ses conseils.

Anciens contrats

Ancienneté fiscale n’est pas qualité du contrat

Conserver un ancien contrat et continuer à l’alimenter sont deux décisions différentes.

Un ancien contrat peut disposer d’une forte antériorité fiscale, d’anciens versements bénéficiant de régimes intéressants et d’une clause bénéficiaire utile. Il peut aussi supporter des frais élevés, un univers de supports ancien, une gamme d’unités de compte limitée et une gestion inadaptée aux objectifs actuels.

Ce qui peut justifier de le conserver

  • antériorité fiscale acquise ;
  • régime applicable à d’anciens versements ;
  • clause bénéficiaire encore adaptée ;
  • fonds en euros aux caractéristiques utiles.

Ce qui peut justifier de ne plus l’alimenter

  • cesser les nouveaux versements ;
  • modifier l’allocation à l’intérieur du contrat ;
  • modifier la clause bénéficiaire ;
  • ouvrir parallèlement un nouveau contrat mieux adapté.

Clôturer systématiquement un vieux contrat n’est pas une stratégie : la décision se prend contrat par contrat, pièces en main.

Coûts

Combien coûte une assurance-vie française ?

Le coût réel d’une assurance-vie ne se résume pas au taux affiché par l’assureur. Il faut additionner les couches de frais qui s’appliquent à l’enveloppe, à la gestion et aux supports détenus.

Une fiscalité avantageuse ne compense pas nécessairement plusieurs décennies de frais excessifs.

  1. 01

    Frais sur versement

    1% par défaut chez OptiFi, dégressifs jusqu’à 0%

    Les contrats français distribués par OptiFi prévoient par défaut 1% de frais sur versement. Ce taux est dégressif selon le montant investi et peut être ramené jusqu’à 0%. Il ne constitue donc pas un coût systématiquement supporté.

  2. 02

    Frais de gestion du contrat

    Prélevés par l’assureur sur l’encours

    Ils rémunèrent l’enveloppe assurantielle et diffèrent souvent entre le fonds en euros et les unités de compte.

  3. 03

    Frais propres aux unités de compte

    Prélevés au niveau des supports

    Les OPCVM, ETF et supports immobiliers supportent leurs propres frais, généralement intégrés à leur valeur liquidative. Les produits structurés peuvent quant à eux intégrer des coûts de structuration, de distribution ou de transaction dans leurs conditions financières et leur valorisation.

  4. 04

    Gestion financière éventuelle

    Mandat ou gestion pilotée

    Une délégation de gestion ajoute une couche de frais qui doit correspondre à un service réellement utile.

  5. 05

    Coûts de transaction éventuels

    Arbitrages et opérations

    Selon le contrat et les supports, certains arbitrages ou passages d’ordre peuvent générer des coûts spécifiques.

Moyennes de marché

Deux niveaux de frais distincts

Selon France Assureurs, les moyennes 2025, pondérées par les encours de l’ensemble du marché étudié, s’établissent à 0,88% pour les frais des contrats investis en unités de compte et à 1,60% pour les coûts récurrents des fonds servant de supports aux unités de compte. Ces deux niveaux de frais sont distincts et ne représentent pas le coût de tous les contrats.

Pour des patrimoines importants, ces couches de frais justifient de comparer les architectures possibles, y compris une assurance-vie luxembourgeoise lorsque la gestion permet d’utiliser des supports moins coûteux.

Assurance-vie française — moyenne de marché 2025
Enveloppe / contrat0,88%
Fonds servant de supports aux UC1,60%
Couches de coûts récurrents observées en moyenne≈2,48%

Cette addition constitue un ordre de grandeur issu des moyennes de marché, et non le tarif d’un contrat particulier. Une assurance-vie française utilisant des ETF ou d’autres supports peu coûteux peut présenter un coût total sensiblement inférieur.

Clause bénéficiaire

La clause bénéficiaire est une décision patrimoniale à part entière

La clause détermine qui reçoit le capital, dans quelles proportions, quels sont les bénéficiaires de second rang, comment est traité le prédécès d’un bénéficiaire et comment s’équilibrent plusieurs branches familiales.

Une clause standard peut être insuffisante dans une famille recomposée, avec plusieurs enfants, en présence de petits-enfants, lorsqu’un conjoint doit être protégé, lorsqu’un enfant est vulnérable, lorsqu’un bénéficiaire est prédécédé ou lorsque plusieurs contrats poursuivent des objectifs différents.

La représentation, la clause démembrée, l’acceptation du bénéfice par le bénéficiaire, la clause à options et, lorsque la situation le justifie, une rédaction notariée constituent autant de sujets techniques à examiner au cas par cas.

Une bonne assurance-vie avec une mauvaise clause bénéficiaire peut produire un mauvais résultat patrimonial.
Situer l’assurance-vie dans la transmission

Bénéficiaires

Le conjoint doit-il toujours être bénéficiaire ?

Le conjoint marié ou partenaire de PACS bénéficie du régime d’exonération applicable aux capitaux qui lui sont versés. Cela ne signifie pas qu’il doive systématiquement recevoir l’intégralité des contrats.

Ce que l’assurance-vie peut apporter au conjoint

  • créer une liquidité immédiate au décès ;
  • financer le maintien d’un bien immobilier ;
  • éviter une vente rapide dans de mauvaises conditions ;
  • compléter ses droits successoraux.

Ce que l’attribution systématique peut coûter

  • ne pas utiliser certains avantages disponibles pour d’autres bénéficiaires ;
  • reporter l’intégralité de la transmission à un second décès ;
  • concentrer le capital dans une seule main sans nécessité ;
  • ignorer les besoins propres des enfants ou petits-enfants.

Le bon bénéficiaire dépend de l’objectif : protéger, équilibrer ou transmettre.

Contrat A
  • bénéficiaires : les enfants ;
  • objectif : transmission à long terme ;
  • allocation plus dynamique ;
  • besoins de retraits faibles.
Contrat B
  • bénéficiaire : le conjoint ;
  • objectif : protection et liquidité ;
  • allocation plus prudente ;
  • disponibilité recherchée.

Ce ne sont pas les contrats qu’il faut multiplier. Ce sont les fonctions patrimoniales qu’il faut distinguer.

Cas pratiques

Trois situations pour comprendre

Cas 01

45 ans, constitution de patrimoine

Avec 250 000€ de capital financier, un horizon de 15 à 20 ans, un besoin de disponibilité et un objectif de transmission aux enfants, l’allocation, les frais et la proportion entre fonds en euros et unités de compte pèsent au moins autant que la fiscalité successorale. Le choix de l’enveloppe vient après la définition de la stratégie.

Cas 02

68 ans, plusieurs enfants

Avec 700 000€ disponibles et un objectif de transmission, les deux années précédant 70 ans peuvent être patrimonialement importantes compte tenu de l’article 990 I. Verser mécaniquement tout le capital avant 70 ans n’est pourtant pas une recommandation : il faut conserver suffisamment de liquidité, adapter le niveau de risque, définir les bénéficiaires et examiner le caractère proportionné des primes.

Cas 03

72 ans, 800 000€ à investir

Avec un horizon long, l’assurance-vie reste pertinente à étudier : 800 000€ pourraient représenter ≈1,81M€ après 14 ans à 6% net par an dans une hypothèse non garantie, dont ≈1,01M€ de gains. Après l’abattement global de 30 500€, les primes restantes peuvent être soumises aux droits selon le lien de parenté, tandis que les gains restent hors assiette des droits de mutation par décès.

Après 70 ans, la question n’est pas « l’assurance-vie est-elle encore utile ? », mais « quelle part de mon capital puis-je investir à long terme, avec quel niveau de risque et pour quels bénéficiaires ? »

Méthode OptiFi

Décider dans le bon ordre

  1. 01
    ObjectifCapitalisation, revenus, transmission ou combinaison des trois.
  2. 02
    HorizonQuand le capital peut-il être nécessaire ?
  3. 03
    LiquiditéQuelle somme doit rester disponible ?
  4. 04
    AllocationQuelle part doit jouer un rôle de sécurité ? Quelle part peut être exposée aux marchés ?
  5. 05
    BénéficiairesQui doit recevoir le capital et pourquoi ?
  6. 06
    Historique fiscalDate du contrat, date des versements, versements avant et après 70 ans.
  7. 07
    FraisQuel est le coût total réel de l’enveloppe et des supports ?
  8. 08
    RachatsQuel rythme de retrait est soutenable et sur quelles poches ?
  9. 09
    Coordination patrimonialeAssurance-vie, immobilier, PEA, compte-titres, PER, sociétés, donations et succession.
  10. 10
    Revue régulièreModifier l’allocation et les clauses lorsque la situation évolue.

Arbitrage

France ou Luxembourg : le montant n’est qu’un critère

L’assurance-vie française peut être particulièrement pertinente lorsque…

  • le fonds en euros joue un rôle important ;
  • l’encours est relativement limité ;
  • l’allocation recherchée est simple ;
  • l’univers du contrat est suffisant ;
  • les frais sont maîtrisés ;
  • il n’existe pas de problématique internationale ;
  • aucune gestion dédiée n’est nécessaire.

L’assurance-vie luxembourgeoise mérite d’être étudiée lorsque…

  • le capital atteint environ 250 000€ sur une même enveloppe ;
  • aucun besoin spécifique de fonds en euros n’est identifié ;
  • une architecture financière plus ouverte est recherchée ;
  • une gestion dédiée ou des supports institutionnels sont utiles ;
  • une mobilité internationale existe ou est envisagée.

Chez OptiFi, à partir d’environ 250 000€ sur une même enveloppe, et en l’absence de besoin spécifique de fonds en euros, l’assurance-vie luxembourgeoise est généralement recommandée ou étudiée en priorité, notamment dans une logique d’architecture financière et de maîtrise du coût total. À l’inverse, un besoin significatif de fonds en euros peut justifier de conserver ou d’ouvrir une assurance-vie française bien au-delà de ce montant.

Préparer la décision

Vos contrats d’assurance-vie servent-ils réellement votre stratégie ?

Allocation, frais, disponibilité, dates de versements et clauses bénéficiaires doivent être lus ensemble, avec le reste de votre patrimoine.

Étudier mes contrats d’assurance-vie

Questions fréquentes

Comprendre avant de décider

Qu’est-ce qu’une assurance-vie ?

C’est un contrat souscrit auprès d’un assureur, alimenté par des versements libres ou programmés, investi en fonds en euros et/ou en unités de compte, dont l’épargne reste disponible par rachat et dont le capital revient au décès aux bénéficiaires désignés.

Quel est le montant minimum pour ouvrir une assurance-vie ?

Il n’existe pas de minimum légal universel : chaque contrat fixe ses propres conditions. Chez OptiFi, les versements programmés sont accompagnés dès le premier euro, tandis qu’un nouveau contrat français avec capital initial est généralement mis en place à partir de 50 000€.

Existe-t-il un montant maximum sur une assurance-vie ?

Il n’existe pas de plafond général de versement propre à l’assurance-vie. Au-delà d’un certain encours, la question porte sur l’architecture la plus pertinente, non sur une limite de versement.

À partir de quel montant OptiFi recommande-t-il d’envisager une assurance-vie luxembourgeoise ?

À partir d’environ 250 000€ sur une même enveloppe et en l’absence de besoin spécifique de fonds en euros, OptiFi étudie généralement en priorité une assurance-vie luxembourgeoise. Ce montant est un ordre de grandeur de doctrine, pas un seuil réglementaire.

L’argent est-il bloqué pendant 8 ans ?

Non. L’épargne d’un contrat rachetable reste disponible avant 8 ans, par rachat partiel, rachat total ou éventuellement avance lorsque le contrat la prévoit. Les 8 ans constituent principalement un seuil fiscal.

Qu’est-ce qu’un fonds en euros ?

C’est une poche gérée par l’assureur dont le capital bénéficie d’une garantie définie par le contrat. Elle recherche stabilité et disponibilité, en contrepartie d’un potentiel de rendement généralement plus limité.

Le fonds en euros garantit-il toujours 100% du capital ?

Non. Le niveau exact de garantie dépend du contrat. Certains fonds en euros peuvent prévoir une garantie inférieure à 100%, notamment après prise en compte des frais de gestion.

Quelle différence entre fonds en euros et unités de compte ?

Le fonds en euros vise la stabilité avec une garantie contractuelle du capital. Les unités de compte visent la croissance et la diversification, sans garantie : leur valeur dépend des actifs sous-jacents et peut baisser.

À quoi sert le fonds en euros dans une allocation ?

Il peut servir de réserve de sécurité, financer des dépenses prévues, couvrir plusieurs années de rachats et éviter de vendre des actifs risqués après une forte baisse des marchés.

Quelle fiscalité lors d’un rachat ?

Seule la quote-part de gains comprise dans le rachat est imposable, selon les règles applicables aux produits du contrat, auxquelles s’ajoutent les prélèvements sociaux au taux en vigueur. La fraction de capital versé n’est pas imposée.

Pourquoi attendre 8 ans ?

Au-delà de 8 ans, le régime des rachats devient plus favorable : un abattement annuel s’applique sur les gains retirés et une partie des produits peut relever d’un taux d’impôt sur le revenu de 7,5% selon les conditions et le montant global des primes.

Quel est l’abattement après 8 ans ?

L’abattement annuel sur les gains retirés est de 4 600€ pour une personne seule et de 9 200€ pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune.

Que se passe-t-il au décès ?

Le capital revient aux bénéficiaires désignés selon un régime civil et fiscal spécifique. Le traitement fiscal dépend notamment de l’âge de l’assuré lors des versements : avant ou après 70 ans.

Quel est l’abattement avant 70 ans ?

Pour les capitaux relevant de l’article 990 I du CGI, un abattement de 152 500€ s’applique par bénéficiaire, puis un prélèvement de 20% jusqu’à la limite prévue et de 31,25% au-delà.

Pourquoi parle-t-on de 152 500€ par bénéficiaire ?

Parce que cet abattement est individuel : il s’apprécie pour chaque bénéficiaire désigné, ce qui donne à la rédaction de la clause et au nombre de bénéficiaires une importance directe.

Peut-on verser après 70 ans ?

Oui. Les versements restent possibles et ne font pas perdre le régime applicable aux primes versées antérieurement. Les primes versées après 70 ans relèvent toutefois de l’article 757 B du CGI.

Quel est l’abattement après 70 ans ?

Un abattement global de 30 500€ s’applique à l’ensemble des contrats relevant de l’article 757 B pour un même assuré. Il est partagé entre les bénéficiaires concernés.

Les gains sont-ils taxés à la succession après 70 ans ?

Les produits générés par les primes versées après 70 ans ne sont pas soumis aux droits de mutation par décès. Les prélèvements sociaux éventuellement applicables constituent une problématique distincte.

Pourquoi l’assurance-vie peut-elle être intéressante après 70 ans ?

Parce que seules les primes entrent dans l’assiette de l’article 757 B, après l’abattement global de 30 500€. La croissance future du contrat augmente donc potentiellement la part transmise hors droits de mutation par décès, à condition que la prise de risque soit adaptée.

Un rachat après 70 ans réduit-il les primes taxables au décès ?

Pas automatiquement. Les rachats partiels réalisés par le souscripteur restent en principe sans incidence sur la détermination de l’assiette des primes postérieures à 70 ans. Des règles spécifiques doivent être vérifiées lorsque le capital versé aux bénéficiaires devient inférieur au montant de ces primes.

Faut-il ouvrir un nouveau contrat après 70 ans ?

Ce n’est pas une obligation fiscale. Lorsque les montants le justifient, séparer les versements avant et après 70 ans dans des contrats distincts rend la stratégie, les bénéficiaires et le suivi plus lisibles.

Faut-il fermer une vieille assurance-vie ?

Pas systématiquement. Conserver un contrat et continuer à l’alimenter sont deux décisions différentes : l’antériorité fiscale peut être utile alors que les frais, les supports ou la clause ne le sont plus.

Peut-on changer de bénéficiaire ?

Oui, tant que le bénéficiaire n’a pas accepté le bénéfice du contrat dans les conditions prévues par le Code des assurances. La modification doit être rédigée avec soin.

Comment rédiger une clause bénéficiaire ?

Elle doit désigner les bénéficiaires, les proportions, les rangs successifs et le traitement d’un prédécès, en cohérence avec la situation familiale et les autres contrats. Une rédaction notariée peut être pertinente dans les situations complexes.

Le conjoint paie-t-il des droits ?

Le conjoint marié et le partenaire de PACS bénéficient du régime d’exonération applicable aux capitaux qui leur sont versés. Cela ne signifie pas qu’il faille systématiquement leur attribuer l’intégralité des contrats.

Que sont les primes manifestement exagérées ?

Il s’agit d’une limite au régime spécifique de l’assurance-vie : lorsque les primes versées apparaissent manifestement exagérées au regard des facultés du souscripteur, le traitement civil des capitaux peut être remis en cause.

Assurance-vie française ou luxembourgeoise : comment choisir ?

Le montant n’est qu’un critère. Le besoin de fonds en euros, l’architecture financière recherchée, les supports, le coût total, la mobilité internationale et le besoin de gestion dédiée déterminent l’arbitrage.

Références

Sources officielles

  1. Légifrance — article 990 I du Code général des impôts — Prélèvement applicable aux capitaux décès correspondant aux primes versées avant 70 ans, abattement de 152 500€ par bénéficiaire et taux applicables.
  2. Légifrance — article 757 B du Code général des impôts — Droits de mutation par décès sur la fraction des primes versées après 70 ans et abattement global de 30 500€.
  3. Code général des impôts — article 125-0 A — Imposition des produits des contrats d’assurance-vie lors d’un rachat, abattements annuels de 4 600€ et 9 200€ et taux applicables selon la date des primes.
  4. Code des assurances — articles L132-12 et L132-13 — Régime civil du capital versé au bénéficiaire désigné et limite relative aux primes manifestement exagérées.
  5. BOFiP — BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20 — Contrats d’assurance et droits de mutation par décès : champ de l’article 757 B, détermination de la base taxable et incidence des rachats partiels.
  6. BOFiP — BOI-TCAS-AUT-60 — Prélèvement de l’article 990 I : abattement par bénéficiaire et taux de 20% puis 31,25%.
  7. BOFiP — BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50 — Détermination de l’assiette imposable des produits des contrats d’assurance-vie en cas de rachat.
  8. Service-Public.fr — imposition des revenus d’un contrat d’assurance-vie — Règles d’impôt sur le revenu en cas de rachat et taux de 17,2% des prélèvements sociaux applicable aux gains des contrats d’assurance-vie.
  9. impots.gouv.fr — imposition des capitaux versés au bénéficiaire — Présentation officielle des régimes applicables selon la date de souscription et l’âge lors des versements.
  10. France Assureurs — frais des contrats en unités de compte 2025 — Moyennes de marché pondérées par les encours : 0,88% pour les frais des contrats en UC et 1,60% pour les coûts récurrents des fonds servant de supports.
  11. Autorité de contrôle prudentiel et de résolution — Contrôle des organismes d’assurance, information des assurés et suivi des engagements portés par l’actif général des assureurs.

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