Analyses · Fiscalité des hauts revenus

CDHR en 2026 : qui est concerné et comment anticiper la contribution ?

La contribution différentielle sur les hauts revenus garantit un niveau minimal d’imposition de 20% d’un revenu de référence propre à ce dispositif. Elle concerne surtout les foyers dont les revenus sont majoritairement imposés à taux proportionnel : dividendes, plus-values, revenus de capitaux.

1. Qui est concerné ?

La CDHR est due par les contribuables domiciliés fiscalement en France qui remplissent deux conditions cumulatives :

  • un revenu de référence supérieur à 250 000€ pour une personne seule (célibataire, veuve, séparée ou divorcée) et à 500 000€ pour un couple soumis à imposition commune ;
  • un taux moyen d’imposition, au titre de l’impôt sur le revenu, de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) et des prélèvements libératoires, inférieur à 20% de ce revenu de référence.

Le revenu de référence part du revenu fiscal de référence, mais il fait l’objet de retraitements propres à la CDHR, notamment pour les revenus exceptionnels et certaines plus-values placées en report d’imposition. Un revenu fiscal de référence supérieur au seuil ne suffit donc pas à conclure. En pratique, un foyer dont l’essentiel des revenus est imposé au barème progressif dépasse généralement déjà le minimum de 20% ; la contribution vise surtout les revenus taxés à taux proportionnel.

2. Le calcul de la contribution

Le BOFiP du 30 juin 2026 décrit le calcul suivant, présenté ici de manière simplifiée :

Les termes de la formule
TermeContenu
Revenu de référenceRevenu fiscal de référence retraité selon les règles propres à la CDHR
IR, CEHR et prélèvements libératoiresMontants retenus selon la définition de la CDHR, qui n’est pas toujours celle de l’avis d’imposition
Majoration couple12 500€ pour un couple soumis à imposition commune
Majoration par personne à charge1 500€, dans les conditions prévues par le texte
Décote20% × revenu de référence − 82,5% × (revenu de référence − 250 000€ ou 500 000€), jusqu’à 330 000€ ou 660 000€ de revenu de référence

Les majorations familiales s’ajoutent aux impôts déjà acquittés : elles réduisent la contribution. Les revenus exceptionnels et certaines plus-values en report d’imposition obéissent à des règles particulières, non reprises dans cette formule.

La décote lisse l’entrée dans le dispositif : juste au-dessus du seuil, le minimum à atteindre est faible, puis il rejoint progressivement 20% du revenu de référence. Le BOFiP illustre le calcul par l’exemple d’un couple marié avec un enfant, dont le revenu de référence est de 740 000€, redevable d’une CDHR de 31 074€.

Ce qui compte, et ce qui ne compte pas

Éléments comparés au minimum de 20% du revenu de référence
ÉlémentRetenu pour atteindre 20% ?Commentaire
Impôt sur le revenuOuiDans sa définition propre à la CDHR, y compris l’imposition forfaitaire de 12,8% des revenus soumis au PFU ; certains retraitements sont précisés par le BOFiP
Contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR)Oui3% puis 4% au-delà de seuils de revenu fiscal de référence
Prélèvements libératoires de l’impôt sur le revenuOuiLorsqu’ils libèrent de l’impôt sur le revenu
Majorations familialesOui12 500€ pour un couple soumis à imposition commune, 1 500€ par personne à charge, dans les conditions prévues
Prélèvements sociauxNon18,6% sur les dividendes en 2026, 17,2% notamment sur les revenus fonciers et les plus-values immobilières

Le prélèvement forfaitaire unique de 31,4% applicable en 2026 aux dividendes se décompose en 12,8% d’impôt sur le revenu et 18,6% de prélèvements sociaux. Pour la CDHR, seule la part d’impôt sur le revenu est retenue : un foyer qui « paie 31,4% » sur ses dividendes peut donc rester en dessous du minimum de 20%.

3. Deux profils, deux résultats

Les deux illustrations suivantes montrent pourquoi la nature des revenus compte davantage que leur montant. La CEHR y est calculée sans lissage ni quotient.

4. Revenus exceptionnels : une qualification stricte en 2026

Une cession d’entreprise ou de titres peut faire bondir le revenu de référence une seule année. La loi prévoit un traitement spécifique des revenus exceptionnels, mais le BOFiP du 30 juin 2026 en encadre strictement l’accès : le revenu doit être exceptionnel à la fois par sa nature et par son montant, ce montant devant excéder la moyenne des revenus nets ordinaires des trois années précédentes.

  • une plus-value de cession de titres réalisée une fois peut, selon les circonstances, être qualifiée de revenu exceptionnel ;
  • des dividendes distribués régulièrement, ou des plus-values récurrentes, ne le sont pas, même lorsque leur montant est élevé une année donnée ;
  • le traitement spécifique, qui consiste à ne retenir qu’une fraction du revenu exceptionnel et de l’impôt correspondant dans le calcul, ne s’applique qu’après qualification et sur demande du contribuable sur la déclaration n° 2042-C.

Dire qu’« une plus-value exceptionnelle ne compte que pour un quart » est donc inexact en l’absence de qualification et de demande : toutes les plus-values ne sont pas des revenus exceptionnels au sens de la CDHR.

5. L’acompte de décembre 2026

La CDHR donne lieu à un acompte, versé spontanément entre le 1er et le 15 décembre de l’année de perception des revenus. Pour les revenus de 2026, il est égal à 95% de la contribution que le contribuable estime devoir, à partir de ses propres projections de fin d’année. La retenue à la source et les acomptes d’impôt sur le revenu ne couvrent pas cette obligation. Le montant définitif est établi lors de l’imposition des revenus de 2026, en 2027, et l’acompte vient s’imputer sur la contribution due.

Une majoration de 20% est prévue lorsque l’acompte n’est pas versé, est versé en retard, ou est inférieur de plus de 20% au montant qui aurait dû être versé au vu de la contribution finalement due. Le premier acompte, versé en décembre 2025 au titre des revenus de 2025, a fait l’objet d’une communication spécifique de l’administration ; ses dates ne doivent pas être transposées sans vérification.

Pour un dirigeant qui cède son entreprise ou décide d’une distribution importante en cours d’année, l’estimation doit donc être faite avant le 15 décembre, sur des données encore provisoires : prix de cession, éventuels compléments de prix, autres revenus du foyer.

6. L’avis d’OptiFi

La CDHR ne se traite pas en fin d’année, au moment de l’acompte. Elle s’anticipe dès qu’un événement est envisagé : distribution de dividendes, cession de titres, sortie d’un report d’imposition. Notre approche consiste à :

  • distinguer les flux : dividende ordinaire, plus-value d’une cession effective, revenu récurrent, chacun avec son traitement au titre de l’impôt sur le revenu, de la CEHR et de la CDHR ;
  • modéliser l’année entière : revenu de référence retraité, impôts retenus, majorations familiales et décote, avant toute décision de calendrier ;
  • articuler société et foyer : politique de distribution, rémunération, trésorerie conservée dans la société, situation de la holding, sans requalifier artificiellement des revenus ;
  • tester plusieurs scénarios : cession en fin d’année ou l’année suivante, distribution étalée ou ponctuelle, éligibilité réelle au régime des revenus exceptionnels ;
  • sécuriser la trésorerie fiscale : provisionner l’acompte de décembre et la régularisation de l’année suivante.

Une stratégie défendable repose sur la réalité économique des opérations. Déplacer une distribution d’une année sur l’autre peut avoir un sens patrimonial ; construire une opération dans le seul but d’échapper à la contribution expose à un risque de remise en cause. Aucune autre mesure en discussion, notamment dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027, n’est intégrée à cette analyse tant qu’elle n’est pas adoptée.

Pour aller plus loin

Sources et références

Sources officielles, consultées en octobre 2026.

  1. BOFiP — Actualité du 30 juin 2026 (ACTU-2026-00104) — Création de la CDHR par l’article 10 de la loi de finances pour 2025, modifié par l’article 2 de la loi de finances pour 2026 ; durée d’application liée au déficit public.
  2. BOFiP — BOI-IR-CDHR-10 (30 juin 2026) — Champ d’application, revenu de référence, formule de calcul, majorations familiales et décote.
  3. BOFiP — BOI-IR-CDHR-20 (30 juin 2026) — Traitement des revenus exceptionnels : critères de nature et de montant, option sur la déclaration.
  4. BOFiP — BOI-IR-CDHR-30 (30 juin 2026) — Obligations déclaratives, acompte de décembre, contrôle et majoration de 20%.
  5. Légifrance — article 224 du CGI (version en vigueur depuis le 21 février 2026) — Texte codifié de la contribution différentielle sur les hauts revenus.
  6. Légifrance — loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, article 2 — Prolongation de la contribution jusqu’au retour du déficit sous 3% du PIB et aménagements du calcul.
  7. impots.gouv.fr — Actualité « Contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) » — Présentation publiée pour le premier acompte, versé en décembre 2025 au titre des revenus de 2025 : à lire comme un document historique.
  8. impots.gouv.fr — Les revenus mobiliers — Prélèvement forfaitaire unique : 12,8% d’impôt sur le revenu et prélèvements sociaux, soit 31,4% au total en 2026.

Questions fréquentes

La CDHR a-t-elle pris fin avec les revenus de 2025 ?

Non. Depuis la loi de finances pour 2026, elle s’applique à compter des revenus de 2025 et jusqu’à l’imposition des revenus de l’année au titre de laquelle la loi d’approbation des comptes constate un déficit du budget général inférieur à 3% du PIB.

Les prélèvements sociaux comptent-ils pour atteindre le minimum de 20% ?

Non. Le minimum se compare à l’impôt sur le revenu, à la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et à certains prélèvements libératoires. Les prélèvements sociaux (18,6% sur les dividendes en 2026, 17,2% sur certains revenus) ne sont pas retenus.

Une plus-value de cession d’entreprise est-elle un revenu exceptionnel ?

Elle peut l’être si elle est exceptionnelle à la fois par sa nature et par son montant, celui-ci devant excéder la moyenne des revenus nets des trois années précédentes. La qualification n’est pas automatique et le traitement spécifique doit être demandé sur la déclaration.

Quand verser l’acompte de CDHR en 2026 ?

Entre le 1er et le 15 décembre 2026, pour 95% de la contribution que le contribuable estime devoir au titre de ses revenus de 2026. Une majoration de 20% est prévue en cas de défaut, de retard ou d’acompte inférieur de plus de 20% au montant qui aurait dû être versé.

Des dividendes imposés à 12,8% déclenchent-ils toujours la CDHR ?

Pas nécessairement. Tout dépend du revenu de référence retraité, de l’ensemble de l’impôt sur le revenu et de la CEHR du foyer, des majorations familiales et de la décote. Un foyer dont une part importante des revenus relève du barème peut dépasser le minimum sans contribution supplémentaire.

Méthode : règles issues de l’article 224 du CGI et des commentaires administratifs publiés au BOFiP le 30 juin 2026 ; les profils chiffrés reposent sur des hypothèses déclarées et ne constituent pas un calcul de contribution. Cette page présente une information générale à caractère pédagogique, à jour à la date de dernière mise à jour indiquée. Elle ne constitue ni un conseil en investissement, ni un conseil fiscal ou juridique personnalisé. Toute décision doit être étudiée au regard de votre situation propre.